TEMOIGNAGES D'EXPATS- L'ENFANT EXPAT, DEVENU PARENT EXPAT

QUAND L’ENFANT EXPATRIE DEVIENT ADULTE EXPATRIE, QUEL PARENT EXPAT EST-IL ?

Nous souhaiterions savoir ce que l’expatriation a apporté à votre enfance, en quoi vous a-t-elle forgé et fait de vous ce que vous êtes aujourd’hui. Pensez-vous que vous auriez pu devenir parent expatrié sans avoir été enfant expatrié ? Est-il plus facile d’être aujourd’hui enfant expatrié qu’auparavant ? Avoir été enfant expat et aujourd’hui parent expatrié permet-il d’accompagner plus facilement vos enfants dans ces changements de vie ? Vous souhaitez apportez votre propre témoignage ? Contactez-nous par mail à contact@les-petits-expats.com

Caroline, maman de 2 enfants, 2 ans 1/2 et 10 mois, expatriée en famille au Chili

Noël dans le désert, 1985, un souvenir inoubliable et précieux pour Caroline qui toute petite, embrasse le Père Noël
Noël dans le désert, 1985, un souvenir inoubliable et précieux pour Caroline qui toute petite, embrasse le Père Noël

Caroline est la créatrice de la belle marque Pioupiourico, une gamme de jeux qui permet de transmettre la culture française à nos petits expatriés. Son enfance, elle l'a passé en expatriation au Moyen-Orient en Arabie Saoudite. Elle est aujourd'hui parent expat et nous parle avec beaucoup de sincérité et d'émotion de ses souvenirs et du challenge qu'elle relève aujourd'hui.

 

 Vous a été vous-même junior expat, quel souvenir gardez-vous de votre enfance à l'étranger ?

Des souvenirs chargés en émotions fortes. Tout d’abord, la solitude et l’ennui. Je suis restée 13 ans en Arabie et j’ai trouvé ça douloureux de ne voir mes grands-parents qu’une fois par an.

C’était fatiguant de se faire des amis dont on doit se détacher assez vite car ils rentrent en France ou repartent ailleurs. Pour finir, l’Arabie n’offrait pas beaucoup de possibilité en termes de divertissement et richesse culturelle.

Je tiens à souligner qu’à l’époque il n’y avait pas internet, cela change tout, on peut aujourd’hui garder un lien avec sa famille et ses amis et découvrir plein de choses par ce média.

Ensuite, ce n’est qu’en rentrant en France que je me suis rendue compte de l’expérience incroyable que j’avais vécue. Elle m’a permis de parler 3 langues dès le plus jeune âge, d’être plongée dans un

univers multiculturel et de devenir, comme tous les enfants de 3ème culture, quelqu’un d’ouvert d’esprit et de curieux.

 

A l'époque apportait on autant de "considération" aux enfants expatriés ? Parlait-on autant des challenges de l'expatriation en familles et des difficultés à surmonter pour les enfants ?

Je ne peux répondre que pour mon expérience. Mes parents avaient aussi leurs challenges et  restaient persuadés que nous étions des privilégiés, mon frère et moi, de vivre à l’étranger. Je ne pense pas qu’ils percevaient les difficultés que nous pouvions avoir.


Pensez-vous que l'on éduque de la même façon lorsque l'on est parent en France et lorsque

l'on s'expatrie ?

En regardant mes amis aujourd’hui, il me semble qu’expatriés ou non, on cherche tous à ce que son enfant soit heureux. On a juste des challenges différents. En France ce sera la difficulté de trouver une crèche ou une nounou, à l’étranger on s’inquiétera de l’apprentissage du français, de son adaptation à son nouveau pays.

 

Pensez-vous que c'est plus facile d'élever ses enfants en expatriation lorsque l'on a connu soi-même cette l'expatriation pendant son enfance ?

Sans doute, on est plus vigilant sur certaines choses et on est convaincu que la transmission de la culture est essentielle au bon épanouissement de son enfant. Une des premières questions qu’on pose quand on rencontre quelqu’un est « d’où viens-tu ? », c’est une question très anxiogène pour les enfants de 3ème culture. Nos enfants doivent pouvoir y répondre sereinement. J’ai mis près de 30 ans à savoir le faire, je suis française tout simplement.